Bien que les dispositifs de protection contre les chutes existent depuis longtemps, la législation correspondante s’est développée plus lentement, et son application pratique l’a été encore davantage.

Le Décret législatif 81/2008 (et auparavant la loi 626/94) aurait dû suffire à imposer des solutions adaptées permettant aux travailleurs, dans les différents secteurs, d’effectuer leurs activités en toute sécurité. À cet égard, l’employeur doit toujours s’assurer, par le biais d’une analyse des risques liée à l’activité à réaliser, que ses salariés travaillent dans des conditions sûres.

Dans le cas des travaux en hauteur, il est évident que l’accès aux toitures sans protections appropriées ni dispositifs antichute expose les travailleurs à un risque de chute, pouvant entraîner, dans les cas les plus graves, un accident mortel.

Il est également évident que la mise en sécurité d’une toiture peut parfois s’avérer plus coûteuse que l’intervention de maintenance elle-même. À titre d’exemple, la recalibration d’une antenne comparée à la mise en place puis au démontage d’échafaudages montre clairement que les coûts de sécurisation par échafaudage sont bien supérieurs à ceux de l’intervention proprement dite.

Cette situation s’est améliorée avec l’introduction de dispositifs d’ancrage permanents (lignes de vie), qui ont permis de réduire les coûts des interventions, notamment lorsqu’ils sont considérés sur la durée de vie globale du bâtiment.

Malgré cela, dans le but de décrocher des marchés, les opérateurs ont souvent ignoré — et ignorent parfois encore — ces prescriptions, s’exposant ainsi à un risque de chute de hauteur.

Pour cette raison, en Lombardie, il a été nécessaire d’introduire une série de normes visant à équiper les bâtiments de systèmes antichute avant même que leur utilisation ne devienne nécessaire.

Ces orientations étaient déjà présentes dès 2003 à Bergame, avec l’Acte administratif n° 787 du 15 juillet 2003 émis par l’ASL. Elles ont ensuite été renforcées par la Circulaire régionale n° 4 du 23 janvier 2004, la Délibération de la Giunta régionale du 23 juillet 2004, n° VII/18344, et enfin par le Décret n° 119 du 14/01/2009Dispositions relatives à la prévention des risques de chute de hauteur pour la réduction des accidents dans le secteur du bâtiment.

Ces normes ont établi l’obligation d’installer des dispositifs antichute permanents dans les bâtiments résidentiels, industriels, commerciaux et agricoles, tant en cas de nouvelles constructions que lors d’interventions de maintenance extraordinaire sur des éléments structurels.

Bien que ces lois n’imposent pas l’installation dans toutes les situations, elles ont contribué de manière significative à sensibiliser les employeurs aux travaux de maintenance. Depuis quelques années, ceux-ci exigent de plus en plus le dossier de l’ouvrage (Fascicolo dell’Opera) ou une documentation équivalente avant d’accéder aux toitures, et peuvent refuser d’effectuer des travaux en l’absence de dispositifs de protection adéquats.